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02 décembre 2011

Grands et petits désordres sous la comète Hale-Bopp

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Ils sont tous là à s’extasier devant cette boule de neige sale en cette année 1997 de grands et petits désordres

Année semblable aux autres si ce n’est le passage de la comète Hale-Bopp dénomination officielle C/1995 O1 qui paraît-il vaporise six cents tonnes de glace par seconde produit trois cents tonnes d’eau par seconde ça te fait une belle jambe

Et alors six cents ou trois cents tonnes d’eau ou de lisier par seconde qu’est-ce que ça peut te faire 

Grand désordre habituel sur la planète Terre le temps qui manque

Petit désordre exceptionnel devant ta porte d’entrée le président d’un club sportif qui donne de sa personne en participant à la tournée des membres honoraires il te demande d’adhérer tu lui réponds d’une voix douce parce qu’il ne sert à rien d’être impoli et agressif

Que c’est l’année de la comète année pour toi encore moins favorable que les autres à l’adhésion à un club sportif car année spéciale durant laquelle tu craches à toi tout seul six cents tonnes d’exécration du sport par seconde

Et que si le président sportif persiste à te fourguer à défaut de sa satanée carte de membre honoraire un de ses satanés prospectus tu en feras un petit tas de confettis auquel tu mettras le feu non sans avoir par la suite pris soin de pisser sur les cendres

Les mictions cosmiques de la comète C/1995 O1 la carte de membre honoraire les prospectus du président du club sportif et puis quoi encore

 

© Éditions Orage-Lagune-Express 2011. Droits réservés.

Photo : ciel nocturne (sans comète !)



06 octobre 2011

Retrouvailles

récit des lisières,éditions orage-lagune-express,christian cottet-emard,blog littéraire,droits réservés,copyrightDans le temps qui parfois coule tel un ruisseau frais mais souvent tel un fleuve fangeux il t’arriva d’attendre la fin des journées de travail

Péripéties suscitant l’approbation d’amis et de connaissances perdus de vue puis retrouvés au coin de la rue alors qu’est-ce que tu deviens comment as-tu réussi à entrer dans ces entreprises on peut dire que tu en as eu de la veine tu étais si mal parti avec tes livres tes poèmes

Ah oui les livres les poèmes oui ils en ont entendu parler un peu mais les entreprises ça les intrigue beaucoup plus comment tu t’es débrouillé

Comme l’araignée qui s’installe dans un coin entre le mur et le plafond et qui n’a plus qu’à attendre au milieu de cette merveille de technique qu’est sa toile pour exercer sa répugnante prédation toutes astuces pour lesquelles l’araignée n’a que peu de mérite ignorant comme nous l’ignorons nous-mêmes d’où lui vient ce savoir faire

Jamais l’araignée n’apprend à tisser sa toile jamais l’araignée ne se préoccupe de savoir que ses fils sont si solides qu’ils peuvent entrer dans la fabrication de gilets pare-balles du moment qu’elle peut capturer les mouches rien d’autre ne semble compter pour elle

Même lorsque tu as l’impression qu’elle t’observe avec ses quatre paires d’yeux pendant que tu écris tes livres tes poèmes si insignifiants aux yeux des amis et connaissances perdus de vue puis retrouvés au coin de la rue

Alors à la prochaine disent-ils en s’éloignant pour toujours

 

© Éditions Orage-Lagune-Express 2011. Droits réservés.

29 septembre 2011

Les beaux jours de septembre

clair de terreC’est trop bête les beaux jours de septembre sans vous toutes et tous absents pour toujours

Partout des prodiges sur Terre elle-même prodige vue depuis la Mer de la Tranquillité

Chaque seconde des miracles la lune dans les frênes la campanule à fleur de roche le mauve de la colchique le marron d’Inde la joie d’un café à dix heures en terrasse jusqu’à preuve du contraire rien de tout cela n’existe ailleurs dans l’univers pourtant si extravagant jusque dans ses plus profonds enfers de ténèbres alors pourquoi

Pourquoi pas juste une fois encore même une seule ce si petit miracle en regard des autres si prodigieusement absurdes si majestueusement et sidéralement stupides pourquoi pas ce minuscule miracle un peu de temps encore avec vous toutes et tous dans les beaux jours de septembre car en comparaison de vous toutes et tous qui êtes tout et qui avez existé la Science la Foi le Destin pèsent moins qu’un caillou de la Mer de la Tranquillité

© Éditions Orage-Lagune-Express 2011. Droits réservés.

 Photo de clair de Terre prise ici